La remontée de l'exécutif au sein du « peuple de droite »
Débat sur l'identité nationale suscitant des interrogations auprès de la population française, taxe carbone « censurée » par le conseil constitutionnel, approches différenciées de la majorité sur la burqa… autant d'éléments récents ayant frappé les Français et reflétant, selon certains observateurs, une fragilité de l'exécutif.
Celle-ci, en cette période de rentrée, n'est pas retraduite à l'identique par les Français. Et, indépendamment de ces aspects conjoncturels, ceux-ci affirment faire un peu plus confiance au Président de la République (41%, +1) et au Premier Ministre (42%, +2) qu'à la fin 2009. Au cours des quatre derniers mois, la popularité n'a que faiblement évolué.
Les évolutions – positives – les plus marquantes de ces quatre derniers mois sont à relever parmi les personnes diplômées (+10 points d'octobre à aujourd'hui), les catégories supérieures (+12 points au cours de la même période), les personnes âgées de 65 ans et plus (+4 points), les sympathisants de Droite, et, a fortiori, de l'UMP (+4 points). Octobre avait vu la cote de confiance de l'exécutif s'éroder fortement. La candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, le procès Clearstream et une rentrée jugée désordonnée par les Français avaient impacté leur jugement à l'égard, notamment, du Président. La remontée dans l'opinion des personnes diplômées, âgées et proches de la Droite montre que la reconquête de cette frange de l'opinion progresse. Notons, enfin que les sympathisants Front National expriment à nouveau majoritairement leur confiance à Nicolas Sarkozy.
En revanche, la baisse de la confiance s'avère particulièrement marquée parmi : les jeunes (32%, - 5 points sur 4 mois), les sympathisants de gauche (18%, - 8 points) et dans une moindre mesure les ouvriers (35%, -2 points).
Le ton plus « posé » du Président de la République, l'absence de polémiques rassurent probablement l'électorat traditionnel de la Droite. Les impatiences marquées, notamment en terme d'amélioration du pouvoir d'achat, se traduisent par cette baisse chez les catégories populaires et à Gauche. Au cours de la période récente, le Président a semblé en mesure d'adresser un message et d'adopter une posture rassurante pour son « cœur » d'électorat. Le défi, d'ici les élections régionales, reposant sur ses épaules est le suivant : parvenir à reconquérir la confiance des personnes les plus interrogatives sur l'effet de sa politique, au premier rang desquelles les catégories populaires.
Jean-Daniel LÉVY
Directeur du Département Politique-Opinion de CSA
Pôle Opinion, Image et Stratégies