L'exécutif au plus bas depuis mai 2007
La dernière vague d'enquête du baromètre CSA/Le Parisien s'inscrit dans un contexte de polémiques et de « révélations » liées à différentes affaires. Ce sondage relatif à la confiance exprimée à l'égard de l'exécutif a été réalisé après la démission précipitée de deux ministres (Christian Blanc et Alain Joyandet), et alors que le nom de Nicolas Sarkozy a été évoqué dans le cadre de l'affaire « Woerth/Bettencourt ».
Jamais la confiance exprimée à l'égard du Président n'a été aussi basse depuis son élection (32%, -2 points, -5 en deux mois), tandis que 40% des Français accordent leur confiance à François Fillon (-2 points, -4 depuis mai). Ce mois-ci, le couple exécutif ne semble pas rencontrer de difficultés particulières attachées à sa politique économique et sociale mais semble plutôt jugé sur l'ambiance globale. On se souvient que l'exécutif avait pâti de certaines situations liées à la surexposition médiatique de la vie du Président de la République (lorsque, par exemple, on avait pu le voir à Petra avec le fils de Carla Bruni sur les épaules (se traduisant par une baisse de 7 points), lors de l'affaire de l'EPAD (avec quasiment les mêmes conséquences pour l'opinion)). On notera ainsi que, depuis cette période (septembre dernier), la baisse de la confiance exprimée à l'égard du Président est quasi-continue, passant de 47% à 32% de confiance. Dans le même temps, celle relative au Premier ministre évolue elle aussi à la baisse, mais dans des dimensions moindres (de 47% à 40%).
Il est frappant de remarquer que, cette fois-ci, les caractéristiques de la baisse ne sont pas en tous points semblables aux autres séquences. Ainsi par le passé, les « décrochages » de l'opinion se relevaient particulièrement au sein de trois catégories de population : peuple de Droite, catégories supérieures et personnes âgées. Aujourd'hui, la baisse de la confiance est plus marquée parmi les catégories d'âge intermédiaires (35-64 ans), à gauche et au Modem, sans que les caractéristiques sociales apparaissent structurantes dans le jugement. Surtout, les sympathisants de Droite ne « décrochent » pas. Ce qui, implicitement, renseigne sur la nature de l'appropriation de la polémique actuelle et laisse penser qu'elle se structure, pour l'opinion, sur des registres quelque peu différents. Et que, probablement, la thématique d'une attaque virulente à caractère politique contre le ministre en charge de la réforme des retraites recueille une écoute attentive de la part des Français se déclarant proches de l'UMP.

Nous ferions donc face à une situation de plus forte confrontation politique que par le passé et de structuration de la confiance plus prononcée au seul regard de la proximité politique. Ce qui peut rassurer l'exécutif, en tout cas momentanément. Car rien ne permet aujourd'hui de préjuger de l'impact et de la trace que laissera cette période fortement mouvementée.
Jean-Daniel LÉVY
Directeur du Département Politique-Opinion de CSA
Pôle Opinion, Image et Stratégies