L'exécutif profite de l'élan américain… et européen.
Cette vague du baromètre CSA/Le Parisien Aujourd'hui en France réalisée à la suite de la consultation électorale des Français, mais également de la commémoration du D-Day, reflète une nette remontée de l'exécutif. Le Président de la République voit sa cote de confiance progresser de trois points (à 44%), celle du Premier ministre de deux (à 45%) et – l'un comme l'autre – rencontrent moins de « défiance » (moins cinq points de Français déclarant ne pas leur faire confiance).
Alors que de multiples plans sociaux sont opérés, que les chiffres du chômage annoncés sont mauvais et que les perspectives économiques anticipées ne sont pas réjouissantes, le couple exécutif poursuit sa remontée entamée en avril dernier.
Reste que cette évolution se traduit différemment dans l'opinion. Si l'appréciation progresse dans la population, certaines catégories se révèlent plus rétives que d'autres à accorder leur confiance : ainsi en est-il des catégories populaires (34% de confiance exprimée à l'égard du Président de la République chez les ouvriers, - 8 points) tandis que d'autres, notamment les cadres et professions libérales, apportent un crédit plus important qu'au mois dernier (53%, + 13 points).
Politiquement, en les amenant à la victoire, le Président resserre les rangs partisans autour de lui : 90% des sympathisants UMP (+4 points) expriment une opinion positive. Notons, au passage, que 44% de ces sympathisants UMP s'étant déplacés pour aller voter dimanche dernier indiquent avoir souhaité exprimer leur soutien à l'action de l'exécutif (pour mémoire ce chiffre s'élevait à 14% pour l'ensemble des votants). L'appui plus marqué des sympathisants de Droite ne s'effectue pas au détriment de ceux de gauche (22%, faible mais stable). En revanche, les Français proches des Verts (23%, - 9 points), n'accordent pas spontanément leur confiance au chef de l'Etat qui se présente comme le premier défenseur de l'écologie.
En cette période fortement imprégnée de « développement durable », « croissance verte » et débats sur la taxe carbone, mais également de crise économique et sociale, deux défis attendent le couple exécutif. Le premier : rassurer les catégories populaires et leur assurer un avenir dans la société française ; le second : accuser réception du message exprimé dimanche dernier appelant – entre autre – à une prise en compte de l'environnement dans les politiques publiques.
En somme, allier développement économique et préservation de la planète.
Jean-Daniel LÉVY
Directeur du Département Politique-Opinion de CSA
Pôle Opinion, Image et Stratégies